Histoire des antibiotiques: épisode 2: du mauvais usage des antibiotiques

Publié le : 29/07/2016 10:32:57
Catégories : Argent colloidal / antibiotique naturel

L’efficacité des antibiotiques pour lutter contre la pneumonie, la méningite et bien d’autres maladies infectieuses n’est plus à démontrer. Mais on peut se poser légitiment la question lorsqu’on les administre à des millions de personnes souffrant d’infections bénignes ou mineures comme les infections cutanées ou le rhume. Car les antibiotiques n’ont aucun effet sur les virus.

Contrairement aux bactéries, les virus ne sont pas des cellules. Ils sont beaucoup plus simples et ont besoin d’une cellule hôte (ici, celle de l’homme) pour se reproduire, en détournant la machinerie cellulaire à leurs propres fins.

Tout se passe comme si les virus modifiaient certains rouages de nos cellules afin de produire ce dont ils ont besoin pour se reproduire. Or, les antibiotiques agissent sur la paroi cellulaire ou sur la synthèse des protéines d’une cellule.

En l’occurrence pour les virus, ces cellules visées seraient les notres! Nous empoisonnerions donc notre propre organisme.

Un cas flagrant d’un usage inconsidéré concerne les infections des voies respiratoires supérieures. Les enfants comme les adultes contractent régulièrement ce type d’infection : il n’y a pas moyen d’y échapper, elles sont le produit de notre tissu social très dense. Or, ces infections sont causées par des virus (rhinovirus, astrovirus, virus parainfluenza, métapneumovirus) dans 80 % des cas ! Dans le doute que le patient fasse partie des 20% restants, la tentation est souvent grande d’adminstrer des antibiotiques (surtout pour les enfants) alors qu’un tel traitement est totalement sans effet sur les virus ! 

Tant que les médecins ne sauront faire la distinction entre infections bactériennes et virales, ils continueront à distribuer des antibiotiques par mesure de précaution.

Pour preuve, les antibiotiques sont prescrits dans 70 % des cas par les médecins, alors que seules 20 % des infections respiratoires sont d’origine bactérienne. Avant l’âge de 40 ans, un individu moyen a donc déjà été traité une trentaine de fois par ce type de remède puissant.

Où est le problème, pourrait-on se demander?

Cette surconsommation entraîne en fait deux problèmes majeurs : l’apparition de souches de bactéries hyper-résistantes et le bouleversement de notre micro-écologie (dont fait partie la fameuse flore intestinale).

Le bouleversement de la flore microbienne à l'origine des nouvelles maladies?

Notre organisme contient dix fois plus de cellules de microbes que de cellules humaines. L’homme a évolué grâce à ses microbes et tout ce qui modifie ce microbiote en profondeur est susceptible de le déstabiliser.D’après le microbiologiste de renommée internationale, Martin Blaser: « Le fait que notre microbiome soit en train de muter avec des effets désastreux peut nous sembler aussi tiré par les cheveux que le réchauffement planétaire l’aurait été pour Henry Ford, l’inventeur de l’automobile. Les coûts sont déjà visibles, mais nous commençons seulement à les reconnaître. Et ils vont grimper en flèche. »

Les antibiotiques posent un grave problème de résistance

La résistance est le premier problème que pose l’abus d’antibiotiques. D’un point de vue scientifique, cette résistance aux antibiotiques ne provient pas d’un quelconque processus adaptatif lent ou d’une mutation des bactéries pour mieux résister à leurs assaillants. 

En fait, le problème réside dans le fait qu’un antibiotique à spectre large, une fois ingéré et passé dans le système sanguin, atteint tous les tissus en détruisant toutes les bactéries (pathogènes ou bénéfiques) sur son passage.

Or, il peut arriver que sur un million de bactéries, une seule comporte une modification génétique qui la rend résistante à l’antibiotique. Cette mutation est le fruit du hasard et non due à l’antibiotique. Néanmoins, le résultat de cette frappe massive est que cette bactérie mutante bénéficie désormais d’un large champ pour se développer massivement à l’absence de bactéries concurrentes.Par multiplication, tous ses descendants auront alors la propriété d’être plus résistant à l’antibiotique. Il suffit ensuite que cette bactérie « mutante » soit transmise lors d’un éternuement et le cycle peut se reproduire. Jusqu’à former une souche totalement résistante à l’antibiotique.

Par ailleurs, ces genes de resistance peuvent également se transmettre entre deux types de bactéries différentes.

Un processus rare mais inévitable

Ce processus reste rare et ne se manifeste pas chez tous les individus ni à chaque traitement. Mais en cas de sur-utilisation de ces antibiotiques, la résistance est inévitable, à terme.

Que fait la science?

Dans les faits, l’industrie pharmaceutique ne cherche pas à mettre au point de nouveaux antibiotiques dans la mesure où il faudrait trouver des antibiotiques à spectre étroit, plus couteux à découvrir pour un marché financièrement plus restreint.

Pour Martin Blaser: « L’industrie pharmaceutique préfère mettre au point des médicaments pour l’hypertension, le diabète, les maladies du cœur, pris quotidiennement pendant des années par des millions de personnes, ou d’autres extrêmement chers contre le cancer. »

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